Comment transcrire un entretien en sciences humaines et sociales ?

Comment transcrire un entretien en sciences humaines et sociales ?

La transcription d’entretien d’enquête dans le cadre de programmes de recherche en sciences humaines et sociales implique des contraintes spécifiques, qui appellent un savoir-faire adapté. Voici les éléments auxquels je porte particulièrement attention en tant que transcriptrice.

Communiquer suppose aussi des silences, non pour se taire, mais pour laisser un espace à la rencontre des mots.

Jacques Salomé, T’es toi quand tu parles, 1991.

-> Transcription ou retranscription ? Une histoire de définition

La recherche suppose de suivre des méthodes rigoureuses. Concernant la transcription d’entretiens, certaines exigences s’imposent à tous (ex : ne pas modifier les propos tenus), tandis qu’il peut y avoir des différences dans la façon de procéder (ex : corriger les fautes de français ou non), donc sur le type de transcription à privilégier.

-> La transcription d’entretien d’enquête : types de transcription recommandés

Si le principe de fidélité est une base essentielle de la transcription des entretiens de recherche, leur variable d’ajustement est la lisibilité. C’est pourquoi, avant de démarrer la transcription, je conviens avec vous des RÈGLES À SUIVRE pour une transcription adaptée à vos besoins.

Nous nous poserons notamment les questions suivantes:

1. Comment nomme-t-on les fichiers ?

Le nommage des fichiers est très important, parce qu’il doit permettre la bonne identification des entretiens et l’archivage sécurisé des données. Il faut donc standardiser les intitulés des fichiers, en utilisant systématiquement la même structure de nommage pour les fichiers relatifs au même corpus d’entretiens. Il est important aussi d’intégrer dans les noms de fichiers des métadonnées, de façon à permettre l’identification des interviewés (sauf en cas d’anonymisation avant analyse) mais aussi celle des enquêteurs, ainsi que celle des différents enregistrements pour un même entretien. Enfin, le nommage de fichiers doit suivre aussi des règles typographiques (ex : usage du tiret).

Vous m’indiquez comment doivent être intitulés les fichiers selon l’intitulé-type que vous avez défini. Si vous ne savez pas comment procéder, je peux vous indiquer quelles sont les règles couramment usitées.

2. Comment est introduit l’entretien ?

Une transcription d’entretien en sciences sociales comporte généralement un chapeau sous forme d’encadré reprenant des métadonnées de l’entretien : noms et prénoms des enquêteur(s) et enquêté(s), nom du(de la) transcripteur(trice) s’il s’agit d’une personne différente, date, lieu, durée, etc.

Je peux si besoin personnaliser chaque interlocuteur dans ce chapeau en indiquant quelles sont ses caractéristiques sonores : type de voix, prononciation, intonation, rythme de parole… Pourront être ajoutées des indications fournies par les enquêteurs sur les mimiques, le langage et la posture corporelles de la personne interrogée.

Les enquêteurs peuvent éventuellement ajouter un compte-rendu ethnographique de l’entretien (présentation sociale des personnes interrogées, contexte de l’entretien, déroulement de l’entretien, relation enquêteur-enquêté, etc.). Cependant, il est souvent plutôt conseillé d’en faire un document distinct pour ne pas alourdir ou biaiser l’entretien transcrit.

3. Quid de la correction des fautes ?

Une certaine standardisation des entretiens au plan de l’orthographe et de la conjugaison permet notamment d’éviter les biais lorsqu’on utilise des logiciels pour traiter le texte en vue de produire des statistiques lexicales. Il peut donc être utile d’apporter des corrections. Si l’on souhaite corriger toutes les erreurs de français, le compte-rendu intégral est la meilleure solution.

Cependant, la correction des fautes ou maladresses langagières risque de normaliser les propos tenus et de détruire des éléments utiles à l’analyse des entretiens. C’est particulièrement le cas des fautes qui sont des « indices signifiants » car elles témoignent de la culture ou de l’origine sociale des interviewés. Pour éviter ce problème, on aura recours à une transcription intégrale ou épurée.

Il existe par ailleurs des alternatives à la correction des fautes dans le texte. Par exemple, on peut conserver les fautes dans le texte, mais renvoyer à des notes de bas de page pour signaler ces fautes et indiquer leurs corrections).

4. La typographie, est-ce important ?

Oui, il est très conseillé d’adopter un code typographique (façon d’abréger certains termes ou d’écrire les nombres, manière d’utiliser les différents types de caractères…), autant pour des raisons pratiques que pour des raisons formelles : cette standardisation apporte un confort de lecture et évite les confusions. Elle permet aussi de restituer de façon claire et cohérente les hésitations, mots ébauchés, soupirs, silences, tics de langage, onomatopées, etc. Au plan scientifique, elle facilite les échanges entre chercheurs et permet la recherche de mots et les statistiques lexicales.

Suivre des conventions typographiques existantes permet de gagner du temps et d’utiliser un code intelligible pour tous. Il est cependant toujours possible de modifier certaines conventions si cela s’avère plus adapté aux entretiens à transcrire. Il est donc conseillé de s’appuyer sur les normes typographiques françaises, en les adaptant légèrement si besoin (ex : souligner l’intonation en utilisant des lettres capitales).

Si vous connaissez mal les règles typographiques, je peux vous proposer un ensemble de règles qui ont été éprouvées et approuvées par des chercheurs.

-> Ma méthode et mes outils de travail pour les transcriptions

5. La mise en page suit-elle des règles particulières ?

Il est utile ici aussi de standardiser la mise en page, notamment pour caractériser et harmoniser :

  • les titrages ;
  • l’identification visuelle des personnes qui s’expriment ;
  • la présentation des questions et réponses ;
  • l’intégration d’inscriptions paratextuelles (ex : [Début de la transcription]) ;
  • la taille et l’aération du texte ;
  • la pagination…

Selon la demande, je crée une feuille de style dédiée, soit qui vous est personnalisée, soit qui est commune à une équipe de recherche. Cela apporte un réel confort de lecture, mais cela permet surtout d’harmoniser la présentation, ainsi que de différencier ou hiérarchiser certaines infos. Si vous le souhaitez, je peux aussi organiser et structurer la transcription en insérant des titres et sous-titres (uniquement descriptifs, sans modifier le déroulement de l’entretien).

-> Mes services de transcription et compte-rendu

BON À SAVOIR

Vous pouvez me préciser vos choix et contraintes concernant toutes ces modalités de transcription et de présentation, pour certaines dès la commande (ex: type de transcription), pour les autres au démarrage de la prestation. Je peux vous aider à définir les solutions techniques qui correspondent à vos enjeux .

->Connaître les tarifs « étudiants » et « chercheurs » des transcriptions

-> Pour m’exposer votre projet et prendre conseil

Laurence Simonet
Transcriptrice, rédactrice, correctrice
-> Découvrez mes services et retrouvez mes articles de blog sur : www.redaconseil.com

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